Voyage d’un an à l’autre bout du monde : les challenges

J’ai décidé de livrer le bilan ici le plus honnête et sincère de notre incroyable année de voyage à l’étranger. Les réseaux sociaux et le web sont souvent dénoncés pour n’être que le miroir de fake life. Ici je vous dit tout sans tabou.

La décision de tout quitter pour le voyage : l’étape cruciale

Qui n’a jamais rêvé de tout quitter un lundi matin en arrivant au bureau ? Tout quitter, oui mais pourquoi ? Partir voyager a traversé l’esprit d’un pourcentage incroyable des individus de la génération Y. Selon Expedia pour 72% d’entre nous, voyager est devenu une priorité, avant d’acquérir une maison ou une voiture.

Les Y : une génération avec des attentes différentes

Cette génération un peu rebelle, dont je fais partie, a des envies de liberté, de découverte, d’apprentissage de la vie à travers les rencontres et les sauts dans l’inconnu. On nous dit souvent que l’on a peur de rien, que l’on est pas assez prévoyant pour l’avenir ou que nos choix n’ont pas beaucoup de sens. En réalité nous avons très peur de devenir trop prévoyants, trop ennuyants. Entrer dans les cases, se coller une étiquette pour avoir un laissé passé qui permet d’obtenir un avenir tout tracé ! Grand dieu, ça jamais !

Souvent incompris et critiqués, les individus de la génération que nous sommes sont très exigeants face au monde professionnel. Plus qu’un chef on cherche un mentor. On aimerait révolutionner le système managérial et les codes du monde du travail. On demande plus de flexibilité, plus de transparence, plus d’émotions, plus de reconnaissance, moins de hiérarchie et plus de responsabilités. Bref, on a clairement du mal à s’épanouir au sein de l’entreprise française, ou bien même à satisfaire nos supérieurs. Le Huffington Post l’explique très bien dans son article.

En France : les années s’enchaînent et se ressemblent

Alors comment en arrive-t-on à tout quitter sans certitude de ce qui nous attend ? Sans certitude de ce qu’on retrouvera au retour ?

Pour nous, ce fut un processus de plusieurs années. Ensemble depuis 2010, nous n’avons consacré notre énergie qu’à une seule chose : réussir nos vies professionnelles. Mais quelle tristesse ! A 18 ans on se jette tête la première dans un secteur que l’on connaît à peine. La communication pour moi, l’informatique pour Dim. Les choix sont raisonnés, jamais passionnés.

De mon côté j’avance, je fonce même, jusqu’au master, sans jamais m’épanouir complètement. Je le sais je n’ai peut être pas choisi le domaine que j’aurai du. A l’époque on m’a dissuadé de choisir des voies plus risquées. Mais pendant 5 ans je me suis interdit de remettre ce choix en question, je ne voulais pas perdre une année ! Lors de mes stages, et de mes expériences professionnelles, ma culpabilité s’apaise parce que je m’y plaît vraiment finalement. Dim, lui, a tout dessuite compris qu’il serait difficile de se contraindre à suivre une voie qui ne l’épanouirait pas. Période compliquée et cercle de l’échec aux yeux de tous. En réalité, cette période aurait pu être une période de construction de soi.

Le déclic du voyage : plus qu’une envie, un besoin

Bref, finalement en 2016, tout roule ! On est sur la bonne voie comme on dit : celle de la stabilité. Seulement on est pas heureux et ça se voit. C’est d’abord Dim qui le manifeste, mais clairement le voyage est loin d’être dans nos esprits car ce n’est pas la solution selon lui. Moi, j’ai une grande capacité de me mentir à moi même alors je vis un an et demi professionnel formidable : beaucoup de challenges, de réussites, de reconnaissance, d’amis, de sorties…

Et pourtant… Je me rend vite compte que je ne fais aucun choix pour moi, mais plutôt pour l’image que ça donne de moi, pour mon CV, pour la reconnaissance que cela engendre. Bref, je ne m’y retrouve plus, je n’aime plus la ville de Grenoble pour diverses raison. La, l’ultimatum est tombé. Pour nous sauver de cette mauvaise passe, j’ai eu LA révélation : nous devons partir pour nous retrouver. Cette idée n’a plus quitté mes pensées et j’ai pris les devants : « une fois son alternance terminée, nous partirons, je quitterai mon CDI ». Clairement à l’époque, Dim n’a pas eu le choix mais il ne m’en veut pas haha. Rappelée par mon cursus de fille parfaite avec un avenir tout tracé et mon affection pour mon ancienne entreprise : l’annonce à mon manager a été une épreuve pour moi.

Une année de voyage en couple : ce qui restera gravé à jamais

Ca y’est le 13 septembre 2017 nous étions dans l’avion direction l’Australie, la première étape de notre périple ! Je crois que nous n’avons pratiquement pas échangé un seul mot pendant 24h. Nous étions tous les deux tellement contents d’être arrivés jusque là mais les au revoirs ont été déchirants et nous savions que les challenges qui nous attendaient étaient de taille. Il faudrait se transformer. C’était le but mais sortir de sa zone de confort ça fait flipper quand on a toujours tout fait « comme il faut ». Les premiers challenges étaient qu’on progresse en anglais rapidement, qu’on s’épaule, qu’on ré-apprenne à se parler et qu’on forme une vraie équipe car on serait seuls au bout du monde. Mais plus inquiétant encore, il faudrait arriver à tenir le budget très serré et à se priver de tout confort matériel…

Voyage en Australie : le coup de foudre

 

Finalement, très vite on s’est sentis chez nous partout ! Nous avons vécu au sein d’une inoubliable famille australienne à Brisbane, rencontré de superbes personnes et constaté nos progressions en anglais très rapidement. Malgré tout, c’était vraiment difficile de créer des liens avec des personnes parlant une autre langue. Pour une seule raison : on ne perçoit pas les subtilités de l’ échange. « Houston la réception n’est pas bonne ! ». Enfin, on doit bien l’avouer, le départ est soft : tout en confort ! C’était la meilleure entrée en matière qu’on pouvait espérer franchement. Nos tempéraments sédentaires n’avaient pas hésité à opter pour un environnement sécurisant au moins pendant le premier mois.

Mais…. Il a bien fallu se mettre en danger à un moment ! Nous étions là pour ça alors il a fallu se lancer. Nous avons quitté Brisbane et le sentiment était très partagé : entre l’envie de barouder et l’arrachement à une ville que nous avions adoré, nous ne savions plus si on faisait le bon choix. Il a fallu de nouveau quitter les repères que nous venions à peine de trouver. Ce qui était rassurant c’est qu’on a su rapidement s’adapter à Brisbane, ça nous donnait de l’espoir pour la suite. Alors évidemment nous avons suivi le plan, nous avons loué une voiture-mimi maison (mini budget oblige) et nous avons décidé de partir pour un mois de road-trip sur la côté est australienne ! On avait des rêves pleins la tête de ce qu’on avait envie de découvrir : la grande barrière de corail, Fraser Island, le surf ou encore Sydney…

Je ne vous en dit pas plus, je ferai un article dédié à ce road trip !

Jusqu’au 15 novembre, tout avait été minutieusement planifié depuis la France. Tout s’est parfaitement déroulé et nous étions heureux comme on ne l’avait pas été en 7 ans.Ainsi, c’est en Autralie, dans la merveilleuse ville de Noosa qu’on a célébré nos 7 ans d’amour ! En fait une nuit au bord de l’océan pacifique, sous la pluie tropicale, les palmiers et en dégustant un simple fish and chips ont fait de cette journée le best anniversary ever ! Seulement jusque là, tout était facile parce qu’on connaissait le planning à l’avance, qu’on avait une seule chose à laquelle penser : kiffer et découvrir les paysages magnifiques de l’Australie.

PVT en Nouvelle Zélande : la révélation

Quand on a quitté l’Australie, on a vécu un chagrin d’amour : nous étions tombé amoureux de ce pays et du beau voyage que nous avions passé. Évidemment, la question cruciale a envahit nos esprits : avons nous bien fait de choisir la Nouvelle Zélande pour faire un PVT (Visa Vacances Travail). Cétait trop tard pour revenir en arrière. Nous avions le visa et c’était hors de questions de perdre pour toujours un pass d’entrée si précieux.

La Nouvelle Zélande a été, sans conteste, la grande aventure de cette année ! Nous ne regretterons jamais d’avoir élu ce pays, étape principale de notre voyage. Nous avions fait ce choix pour différentes raisons. D’abord le nombre inférieurs de français en NZ qu’en Australie. Bon visiblement tout le monde s’était fait la même réflexion haha. Ensuite, on souhaitait échapper à un monde matérialiste, très tourné vers les technologies et l’échange virtuel. On voulait changer de mode de vie, être connectés à la nature : sortir de notre zone de confort pour de bon. Cette aventure est définitivement celle qui nous a le plus soudé : prise de risque, débrouille, système D, confiance absolue en l’autre et en notre bonne étoile, rencontres inoubliables et émerveillement quotidien. Celle qui nous a le plus changé de l’intérieur aussi : je rentre végétarienne !

On a parlé des nuits sous le ciel étoilé de Nouvelle Zélande. On a arpenté des heures les routes sinueuses des deux îles de ce pays. On a passé chaque seconde à être heureux et à ressentir cette profonde liberté que l’on ne trouve que dans le voyage. On a rit aux larmes pendant 7 mois, on a pleuré si fort en partant (surtout moi! Haha). On s’est émerveillé de si peu. On a fait des rencontres qui nous ont profondément changé. On s’est trouvé et retrouvé. On s’est tellement dépassés en relevant chaque challenge les uns après les autres. Mais cette parenthèse de nos vies a pris fin. La encore je reviendrai en détail sur nos étapes dans un autre article.

Thailande : le bon moment pour débuter le bilan de ce voyage

C’est en Thaïlande, la dernière étape de notre voyage, qu’on a réalisé quelque chose : notre vie ne sera plus jamais comme avant. On a laissé la bas tellement de choses. Tout ce qu’on avait toujours cru sur ce qu’était une vie réussie, sur l’importance d’une stabilité financière ou encore sur le meilleur chemin de vie à suivre. Plus que jamais, nous sommes revenus profondément heureux, comblés et bouleversés. La réadaptation au monde européen, au système français est difficile mais il nous faut garder en tête les apprentissages si précieux de ce voyage. Je parle bien sur du lâché prise et de l’écoute de soi.

On ne sait pas ce qu’il se passera pour nous demain et c’est ce qui est exceptionnel !

Pour ceux qui hésite encore et qui ont lu jusqu’ici, si je n’ai qu’un conseil à vous donner : lancez vous pour revenir plus riche, plus ouvert, plus « vous » que vous ne l’avez jamais été !

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