Végétarienne : mon parcours

Je n’ai jamais été ce qu’on peut appeler une meat lover !

Je suis végétarienne depuis maintenant 10 mois. Depuis toute petite déjà, manger de la viande n’était pas le meilleur moment d’un repas pour moi !

J’ai conscientisé très vite qu’il s’agissait d’un être, précédemment vivant, dans mon assiette. Quand j’ai été en âge de m’exprimer j’ai refusé de manger du veau, de l’agneau ou du lapin. Ils étaient tous ces petits êtres au capital mignonnerie si élevé que j’avais eu le bonheur de côtoyer et de choyer lors de nos vacances en famille.

Plus tard, j’ai écouté ce que tout le monde croyait meilleur pour la santé : consommer plutôt des « chaires blanches ». Une proposition qui répondait parfaitement à mon profond dégoût face à la moindre goutte de sang dans mon assiette. Honnêtement je ne me sentais toujours pas satisfaite mais c’était facile pour les repas en famille, les restos entre potes et les dîners en amoureux. Lorsqu’en 2012 j’emménage seule à Grenoble, je n’achète pas de pièce de viande ou de poisson une seule fois. La seule idée d’ingurgiter de la « chaire » d’un autre être peuplant cette planète m’était de plus en plus insupportable. Mais honnêtement je n’ai pas pris le temps d’y penser avant que 6 longues années s’écoulent….

Végétarienne : L’expérience qui a tout fait basculer

Je n’étais peut-être pas prête à ce moment là à devenir moi-même. Issue d’une famille où la chasse et le métier de boucher font partie intégrante de l’histoire, je ne savais pas tellement par où commencer, ni comment cela allait être accueilli. J’ai donc continué à manger de la viande durant 6 ans, peut être même de façon exponentielle ces dernières années. Pas toujours de bonne qualité pour être honnête. Mais une fois encore dans une vie à 100 à l’heure je ne trouvais pas le temps de changer mon alimentation. Pourtant j’adore cuisiner !

Lorsqu’en septembre 2017 nous (avec celui qui partage ma vie depuis maintenant 8 ans) avons sauté dans l’avion direction l’Australie et la Nouvelle Zélande pour de longs mois d’introspection, nous savions que nous aurions ENFIN le temps de penser à ce que nous avions envie d’être. Je n’avais pas particulièrement réfléchi au végétarisme, j’ai laissé l’expérience me guider. Les rencontres formidables de personnes très engagées sur le sujet, la qualité de viande qui franchement laissait à désirer, les prix exorbitants, l’envie de prendre soin de mon corps, la proximité la plus totale avec la nature et cette semaine de mi-janvier ont tout fait basculer.

Oui c’est même plus précisément un seul événement qui a transformé mon alimentation toute entière. Il y a 10 mois maintenant, nous avons choisi de faire du woofing au Cap Est de l’île du Nord de la Nouvelle Zélande. Un endroit magique, loin du monde contemporain. C’est ici que tous les jours le soleil se lève en premier dans le monde. Nous avons vécu avec un fermier maori pour l’aider sur son exploitation de bovins en échange d’une découverte inoubliable de la tradition maori. Dès le premier jour nous comprenons qu’il s’agit en fait d’un élevage de veaux destinés à l’abattoir. Je me rassurais en me disant qu’il s’agissait d’une ferme organique qui respectait les besoins d’espace des animaux favorisant la nutrition naturelle. Les missions étaient éreintantes mais le cadre était magique. Nous passions de longues heures sur un quad près de la plage pour rassembler les animaux.

Jusque là tout va bien… Jusque là tout va bien… Jusque là tout va bien

C’est exactement ce que je me suis dit chaque minute de la première journée jusqu’à ce que tout bascule dans l’horreur. Je choisi de ne pas faire étal ici des détails sanglants mais par manque de moyen, Len, le fermier, a décidé de faire appel à nous pour l’aider à soigner deux pauvres bêtes, prisonnières de fil de barbelé depuis plusieurs jours. La vache était blessée à la cheville, le veau autour du cou. La mission a été très difficile tant psychologiquement que physiquement. Les animaux n’étaient pas anesthésiés et souffraient beaucoup frôlant plusieurs fois l’évanouissement. J’ai énormément pleurer, parler à ces animaux en les implorant de nous pardonner. Ce jour là j’ai pensé si fort que sans consommateur, il n’y aurait pas d’éleveurs, ni de barbelé. Je me sentais tellement responsable de ce qu’il venait de se passer.

Depuis ce jour j’ai stoppé de consommer ces âmes qui sont pour moi aussi importantes que les humains. Les jours qui ont suivi n’ont fait que conforter mon choix. Nous avons affamé les veaux pendant des heures pour que l’on puisse comprendre qui étaient leurs mamans. J’ai vu les larmes des vaches couler sur leurs jolis minois implorant qu’on leur rende leurs bébés. J’ai vu des bœufs s’incliner sous les coups de bâtons…

Puis nous avons décidé de partir.

J’ai un profond respect pour cet homme qui a plus de 70 ans qui travaille 12h par jour pour survivre et qui perdure la tradition pour faire honneur à ses ancêtres. Pourtant ce jour-là j’ai refusé de me résigner à faire perdurer dans ma vie une tradition française et l’honneur d’un pays au détriment de ces êtres si sensibles.

La mise en pratique d’une toute nouvelle vie nutritionnelle : être végétarienne

Les semaines qui ont suivies ont tout simplement fait place à une expérimentation la plus totale ! J’ai « replongé » deux fois je crois, sous la pression du groupe. Une fois pour un Burger King, une autre fois lors d’un barbeuc d’anniversaire. Je disais sous la pression mais soyons claires je n’avais pas de couteau sous la gorge… Haha. Puis j’ai réalisé que je l’avais uniquement fait par facilité. Pour ne pas imposer à tout le monde mes choix ou encore parce que le porc je ne l’avais pas vu souffir ! Mais WTF ???

J’ai été faible face au regard des autres. Très faible aussi face aux fameuses phrases « Il faut que tu compenses ton apport en protéine et en fer sinon tu vas tomber malade ! ». Ou alors « Tu sais être végétarien c’est pas vraiment possible au quotidien, encore moins en France ». Ou bien même « De toute façon tu changeras pas le monde en devenant végétarienne! ». Ou encore « Ah mais même le poisson ? » et « Fais attention de ne pas grossir à cause de la frustration »….

Bref, moi au fond je sentais bien que ce qui me rendrait heureuse c’était de m’y tenir. Arrêter totalement de consommer de la viande et du poisson ! Il ne restait plus qu’à trouver comment me nourrir correctement et apporter de la matière à ma démarche. 

Se documenter : la clé d’une démarche végétarienne fondée

Nous avons mangé simplement en voyage, nous vivions en van donc ça faisait déjà quelques mois que nous ne mangions plus de viande pour des raisons de conservation. J’ai donc continué à consommer des mets simples et efficaces jusqu’au mois de juillet. J’ai surtout profité de mon temps libre pour me documenter d’avantage sur l’industrie agroalimentaire… Et autant vous dire que je n’ai pas été déçue, que j’ai versé des sauts de larmes et qu’après avoir vu tout ça je ne reviendra pas sur ma décision.

Si vous être intéressées par la démarche ou bien sur la voie de la réflexion, je vous conseille vivement de visionner le film Food Choices. Même si je ne suis pas d’accord avec l’ensemble des énonciations, et qu’il faut prendre certains témoignages avec des pincettes, ce reportage expose très bien l’ensemble des arguments en faveur de l’arrêt ou au moins de la diminution de la consommation de viandes et de poisson. Vous serez informé sur :

  • l’impact sanitaire
  • l’impact environnemental
  • l’impact sur l’animal

Voici quelques chiffres et constats qui m’ont fait réalisé à quel point chacun de nos gestes avaient un impact :

  • En France 1 animal sur 3 est tué pour rien car il ne sera jamais consommé
  • En France 2000 animaux sont tués chaque minute
  • En France 80% des poulets, 95% des porcs et 99% des poulets ne verront jamais la lumière du jour
  • Produire 1kg de viande de bœuf entraîne la consommation de 15000L d’eau (+90% d’eau de pluie)
  • La viande d’un porc peut fournir 200 repas, ce qu’il a mangé durant sa vie pourrait en fournir 3000
  • La viande dite transformée est une substance cancérigène classée juste après le tabagisme
  • L’apport nutritif d’un régime végétarien est beaucoup plus intéressant et sain qu’un régime carnacier

Je rebondis sur le dernier argument et vous propose une infographie réalisée par mes soins pour savoir comment remplacer la viande et le poisson. Si vous souhaitez vous lancer je vous conseille de vous entraîner en réalisant des Buddha Bowl. Voici la base de la recette : une sauce avec des épices (ma préférée est une sauce yaourt citron cumin dont je vous donnerai le secret), des noix, des graines, des légumes (crudités ou cuits), des légumineuses, des céréales et TOUT ça dans un seul bol ! C’est délicieux et ça permet de découvrir rapidement l’ensemble des aliments qu’on ne connaît pas beaucoup quand on a des habitudes alimentaires traditionnelles.

Petit test : qui connait le millet ici ? Ou bien le seitan ? Oue encore le tempeh ? Peu d’entre nous et pourtant c’est délicieux !

Pour vous inspirer je vais vous proposer une recette par mois minimum ! Peut être même par semaine si j’ai le temps 🙂

Devenir végétarienne : un mode de vie qui bouleverse vos a-prioris sur l’alimentation 

Le mot de la fin sera plein de bienveillance : suivez votre instinct et pensez à votre santé ! Si vous aimez la viande et le poisson, privilégiez surtout les produits de qualité. Et si vous avez envie de devenir végétarien ou vegan je serai ravie de vous accompagner, de vous renseigner ou juste d’échanger des recettes ! Sachez que vos proches, s’ils tiennent à vous, vous soutiendrons dans la démarche, seront intrigués et même parfois bluffés !

Une fois que l’on a habitué son palais à découvrir de nouvelles saveurs, la viande et le poisson ne nous manque plus du tout. Je me suis promis d’en manger à nouveau si j’étais frustrée un jour, en soirée, à l’occasion d’un barbeuc cet été et au final je n’en ai JAMAIS eu envie. Je crois que je suis définitivement passée de l’autre côté…

Bien plus qu’un choix c’est un mode de vie que l’on adopte et que bien souvent on prend beaucoup de plaisir à expérimenter. Je ne me sens plus coupable et je ne me force plus pour personne et encore moins au nom d’une sois-disant tradition ! Figurez vous que ma blanquette végétarienne n’a rien à envier à l’original et pourtant plus traditionnel on ne fait pas ! Et toc !

20 replies on “ Végétarienne : mon parcours ”
  1. Je suis en train de changer d’alimentation tout doucement justement et ton blog tombe à pic ! Je t’encourage à continuer et je te mets déjà dans mes favoris ! L’image que tu as mis va beaucoup me servir pour changer d’alimentation ! Merci et j’ai hate de voir la suite 😀
    D’ailleurs je vais réaliser un article prochainement sur mon changement d’alimentation, est ce que tu accepterais que j’utilise ton infographie ? Évidemment, je mettrais le lien de ton blog et tout 🙂

    1. Sophie, je suis vraiment touchée de ton commentaire et de l’usage que tu proposes de faire de mon infographie 🙂 .
      C’est avec plaisir que tu peux l’utiliser c’est fait pour ! Repasse par ici quand tu as écris ton article pour me donner le lien, je serai ravie de le parcourir !

      1. Merci beaucoup 😀 Evidemment tu seras prévenue ! J’espère le sortir ce week end, mais je ne l’ai pas encore commencé, et je dois jongler avec mes études et mon travail, mais j’ai hate de le sortir ! Je te dirai 🙂 Bonne chance pour la suite !

  2. Coucou 🙂
    Ton blog tombe à pic… Je commence à être sensibilisée au végan… Mais j aime la viande… Plus elle est rouge plus j’aime… Et la cause animale jusque là ne me genais pas mais… mais en fait si! C’est en regardant les comportements à table: tant qu’il y a de quoi manger on mange, mais on ne s’écoute pas vis à vis de notre saciétee… On ne fait pas attention à ce que notre corps réclame non plus… Ça en vient parfois même à m’écouter de regarder des gens manger…
    J’y fais de plus en plus attention, je réduis au fur et à mesure ma consommation de viande, le porc n’est presque plus existant, le boeuf qu’au restau, le poulet c est plus fréquent…
    Je trouve compliqué sans être bien guidé d’apprendre à réduire la consommation de viande, en effet ton tableau peut être hyper intéressant et mille mercis. Et je le vois, mes assietes ne m’ecaltent jamais autant que dans les petits restaus végan avec les bowls ou autres… Parfois j aimerais les reproduire…Donc j’attends avec hâte tes conseils et tes recettes 🙂

    1. Emilie, je suis ravie de te lire et surtout je serai encore plus ravie de pouvoir t’accompagner. Ton parcours fait écho à la différence que je n’ai jamais adoré la viande !
      Je vais publier dès aujourd’hui une recette de blanquette végétarienne ! C’est franchement un super plat pour les meat lover, un bon moyen de se rendre compte que la viande ce n’est pas ce qui fait la saveur d’un plat :D.

  3. Hello Lily,

    Merci pour ce beau témoignage inspirant. Cela fait déjà une dizaine d’années que je suis végétarienne et comme tu l’as si bien mis en avant, c’est une démarche très personnelle. Mais les gens ont toujours leur mot à dire. Pourtant, si on comparait avec par exemple le choix de se mettre au sport pour son bien-être personnel, cela ne viendrait pas à l’idée des gens de commencer à énumérer tous les risques ou les inconvénients du sport. Au plaisir de découvrir d’autres articles sur ton blog.

    Célia

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